Sunday, February 24, 2008

Instantané de la Vie Quotidenne

Ou suis-je ?
Je sens mes paupières qui deviennent trop lourdes. Mon clignement est très lent et difficile, j’ouvre mes yeux. Est-ce que je me suis allongée ? La d’où je suis, je peux voir les lumières énormes, pas allument, qui se balance au plafond. La lumière aveuglant du soleil travers les fenêtres. Ma gorge est sèche comme un désert, je n’arrive pas à avaler. J’entends des voix basses près de moi. J’essaie de dire quelque chose, mais en ouvrant ma bouche, pas la moindre son ne sort. ­Apres un moment, j’essaie encore de dire quelque chose. Rien. Je me sens morte de fatigue.
Tout mon corps est ressent la douleur partout. Je suis sensible à la chaleur, spécialement sur mes jambes couvertes par des draps lourds.
Les voix sont plus fortes maintenant. Avec tous mes efforts, je me lève sur mon coude en regardant autour de moi.
Je suis à l’hôpital.
Mais, comment-nous sommes arrivées ici ? Nous. Où est ma fille ? Je vois les infirmières qui marchent dans le corridor. Les draps sont lourds comme une cage en acier qui m’emprisonnent. Je n’ai pas la force de me soulever, mais j’y arrive quand même.
La salle est énorme. Les lits sont en rangs, logeant des gens en tous les états. La plupart dorment. Évidemment, on a converti une usine en hôpital à cause de la guerre. Les fenêtres sont très hautes et le soleil entre a flots et projette des ombres étranges dans la salle.
Je sens mes jambes comme deux troncs d’arbres coupés, lourdes et mortes. Je les balance pour sortir du lit et m’assois au bord. Mes pieds nus touchant le sol en béton. Je m’affaire à me lever, mais mes jambes ne me support pas. J’abandonne après trois tentatives et m’assois encore.
J’ai la tête qui tourne et j’essaie de me rappeler comment on est arrivé à l’hôpital. Je n’arrive pas à trouver la réponse.
Où est ma fille ? Est-ce qu’elle était blessée aussi ? Je me mis en route pour la trouver. Cette fois, j’arrive à me mettre debout. Mes extrémités tremblent et la lourdeur de mes mouvements me donne la sensation d’être dans l’eau.
Je mis un pied devant l’autre et marche vers les voix. Une jeune infirmière me voit et se dépêche de venir dans ma direction.
Encore, j’ouvre ma bouche et rien ne sort. J’avale avec beaucoup de douleur, ma gorge est comme du papier de verre. J’essaie de dire quelque chose à l’instant où elle arrive devant moi et me parle d’une voix trop forte.
« Madame ! Il faut que vous retourniez au lit » elle me donne l’ordre avant que je me ne puisse rien dire. Elle me pousse brusquement vers mon lit, inclinant sa tête en me faisant
signe de me taire. Lorsqu’on arrive au lit, je murmure :
« Où est ma fille ? »
Elle ne me répond pas. Son visage registre la peur. Je remarque une petite goûte de transpiration arrive sur son front. Elle commence à balbutier une réponse en même temps qu’une infirmière plus âgée était arrivée. Elle a l’air très aimable et gentil et elle me prend par le coude avec douceur. Elle incline sa tête vers la jeune infirmière et elle détale rapidement.
« Mettez-vous au lit, s’il vous plait » , me dit-elle en m’appuyant au lit. Elle est attentionnée et je l’imagine comme une grand-mère gentille.
« Où est ma fille ? » Je lui demande avec une voix basse.
« Chut, chut. Vous avez besoin de vous reposer. Ne vous inquiétez pas et allongez-vous maintenant. » me répond t-elle.
Je retrouve ma voix et répète avec plus de volume et de force,
« Où est mon bébé, Madame ? »
Elle s’est arrêtée au beau milieu de refaire mes couvertures. Elle me regarde dans les yeux en silence. Un grand froid passe de mon dos. J’ai le souffle court. Je dis,
« Ou est-elle, Madame ? Je veux-la voir »
Elle touche mon visage et me dit avec une douceur douloureuse,
« Senora, le bébé est avec Dieu »
Je laisse sortir un cri perçant et me fonds en larmes.
« Non ! Non ! » Je crie. « Rosa ! »
J’agite mes bras violemment dans l’air! L’infirmière essaie de me calmer sans succès. Tout de suite, plusieurs personnes m’entourent.
« ROSA ! ROSA ! ROSA ! Non ! » Mes hurlements peuvent être entendus dans tous les corridors de l’hôpital. Je n’entends plus ma voix en criant le nom de ma fille. Rosa, Rosa, Rosa. Je le répète à mantes reprises jusqu’au que le médecin me donne une piqûre et tout devient noir.

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